Archives de Catégorie: Epstie cinéphile

3 raisons d’aller voir Polisse de Maïwenn

Polisse, le dernier film de Maïwenn. Très réussi.

1/ Parce que ça sonne juste:rares sont les films français où les acteurs sont si bien dirigés. On y va donc pour voir Joey Starr, décidemment un vrai comédien mais aussi Marina Foïs, Karine Viard, Nicolas Duvauchelle en flics plus vrai que nature.

2/ Parce que c’est un film moins narcissique: Loin d’être une grande fan de la comédienne, il faut reconnaître à Maïwenn un certain talent de réalisatrice. Si elle apparaît encore dans son film en tant qu’observatrice derrière un objectif (ici un appareil photo) sa présence ne gêne point. Elle ne cherche pas à se mettre trop en valeur et on est même soulagé quand, à la moitié du film, Fred (Joey Starr) lui demande de lâcher ses cheveux et qu’elle redevient enfin jolie.

3/ Pour l’énergie : Film bouleversant par son propos, le sujet est pourtant abordé avec humour.  Nombreuses sont les scènes où la salle éclate d’un rire presque enfantin, évident. Rire nerveux, comique de situation, bons mots, tout ce rire permet de survivre face à la dure réalité (celle de la brigade des mineurs).

Maïwenn

1 commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

3 raisons d’aller voir Une Séparation de Asghar Farhadi

l'affiche d'une Séparation

Une histoire dramatique: Une femme (Simin) veut quitter le pays et son époux refuse. Elle demande le divorce qu’elle obtient mais la garde de sa fille lui est refusée. Cette séparation, somme toute banale, est à l’origine d’un séisme dans la vie de la famille. En plus du malheur infligé par cette rupture, le désespoir d’une autre famille entre en scène. Le mari (Nader) est débordé et doit se faire aider par une femme pour surveiller et s’occuper de son père atteint de la maladie l’Alzheimer. Cette femme, Razieh, est très pauvre et vient tous les jours avec sa petite fille, sans le dire à son mari (Hodjat) qui est poursuivi par ses créanciers. Suite à un incident, Razieh est mise à la porte de chez son employeur qui physiquement la pousse vers la sortie. A priori rien de très grave. Sauf qu’elle fait une fausse couche et que son mari qui découvre alors qu’elle travaillait pour eux leur fait porter le chapeau. Démarre alors une débâcle tortueuse pour savoir qui a tort et quelles sont les responsabilités de chacun. Le réalisateur réussit à nous traverser des émotions, peurs et hontes de ses six personnages. (les couples et leurs filles)

Une justice angoissante: Ces temps ci, le système judiciaire américain a du avoir les oreilles qui sifflaient sacrément fort. Ce film a l’intérêt de nous rappeler que nos justices occidentales restent des petits bijoux d’avancement vers le progrès. Après avoir vu une Séparation cela remet les pendules à l’heure. Soyons heureux de ne pas vivre dans un pays où le juge est tout puissant. Alors oui, le système judiciaire américain est imparfait mais il est déjà bien avancé.

Un message implicite fort: Ce film est politique et engagé sans en avoir l’air. La force d’une Séparation est de nous instruire sur la société iranienne en nous rendant témoin des difficultés rencontrées par deux familles, d’origines sociales différentes mais également faibles face à l’autorité et l’engrenage dans lequel ils rentrent.

1 commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

The Last Lions ou la Loi de la Jungle en 5 points

L’Angelika est le cinéma que j’aime le plus au monde : odeur de pop corn mais trop peu de spectateurs pour être dérangé par des bruits intempestifs, une programmation en général plutôt intello et une localisation absolument parfaite! (sur Houston et Mercer st) J’ai donc été trainer là bas un après midi. Après avoir bouquiné à la cafétéria, j’ai vu The Last Lions.

Petit lion dans The Last Lions

Il y avait 450 000 lions en liberté il y a 50 ans. Ils ne sont plus que 20 000 aujourd’hui… The Last Lions  a été réalisé par Dereck Joubert pour sensibiliser le monde au sort de ces gros félins. Une jolie cause, mais le film est narré un peu trop dramatiquement à mon goût par Jeremy Irons. Le documentaire est bien sûr très beau – les animaux en liberté, c’est forcément beau – et très triste.

The Last Lions a l’avantage de nous rappeler quelques règles essentielles à ne jamais perdre de vue:

  1. Tout l’équilibre d’une vie peut basculer en un instant.
  2. Attention aux buffles, aux hyènes, aux lions, aux crocos, aux chasseurs, bref à tout.
  3. Le bébé est toujours la cible la plus convoitée des animaux affamés. (Je ne sais pas si cette règle vous servira bientôt mais pensez y si vous comptez vous balader dans la savane avec votre progéniture)
  4. Le plus fort est celui qui a le plus d’amis. Heureusement que j’ai 700 amis Facebook. J’espère que ça compte.
  5. Le courage et la persévérance sont tout de même récompensés. Souvent après avoir tout perdu… (En l’occurrence c’est au prix de la perte de quelques lionceaux…)

sympa, non ?

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

True Grit ne vous décevra pas!

Voilà un mois et demi que je vois mon entourage proche galoper virtuellement dans le Far West où ils tuent quelques brutes et boivent des coups. Ils jouent à Red Dead Redemption sur Play Station 3. Malgré plusieurs tentatives, mes mains habituées aux stylos et aux livres rejettent les manettes de Play Station et je me sens toujours aussi exclue de leur jeu de cowboy. True Grit rétablit enfin l’équilibre en ma faveur.

Grâce aux aventures de Mattie Ross (que je peux suivre sur grand écran sans avoir à utiliser ces satanées manettes) à moi les grandes plaines, les mines d’argent et les embuscades!

Hormis cet argument de poids, True Grit est « un très bon Frères Coen ». Bien écrit, bien réalisé, bien imaginé. Les acteurs sont fantastiquement justes, à commencer par Hailee Steinfeld qui joue une enfant précoce à la répartie et au cran déroutants. C’est un film d’aventure poétique avec des plans dans la nature de toute beauté. J’adore !

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

Le documentaire « Traduire » de Nurith Aviv

documentaire Traduire ©Marie Salomé Peyronnel

Quand ma mère qui connaît mon amour immodéré pour l’hébreu m’a proposé d’aller voir un documentaire sur sa traduction, j’ai couru avec elle aux 3 Luxembourg. Malgré mon enthousiasme je n’ai pas été touchée par ce film. Je dois néanmoins lui reconnaître trois qualités:

  1. Il est important de savoir ce qui a amené des traducteurs de l’hébreu à se prendre de passion pour cette langue. Un voyage, un poème, un auteur…. Ces informations pourraient être approfondies davantage mais j’apprécie que la question ait été soulevée.
  2. Trois traductrices m’ont beaucoup plu parmi la dizaine de traducteurs interviewés. Rosie Pinhas-Delpuech à Paris, Anna Linda Callow à Milan et Chana Bloch à Berkeley apportent chacune un élément de compréhension de la traduction de l’hébreu qui me semble essentiel.
  3. Enfin, le panel de traducteurs est cosmopolite. Qu’on parle de la langue hébraïque dans différents langages est un sacré hommage. Et cela témoigne de l’intérêt porté à la littérature israelienne à travers monde.

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

5 raisons d’aller voir « La Femme aux 5 éléphants »

Voici 5 raisons d’aller voir ce documentaire sur Swetlana Geier, connue pour ses traductions des 5 éléphants de Dostoïevski. (Crime et Châtiment, Les Démons, L’idiot, L’adolescent et Les Frères Karamazov)

1.     Un réalisateur discret et patient : il est très agréable de voir un documentaire où le réalisateur reste toujours derrière la caméra et laisse son sujet s’exprimer pleinement. Vadim Jendreyko a suivi cette traductrice de la littérature russe, spécialiste de Dostoïevski pendant plusieurs mois et a pris le parti de la filmer dans divers événements de sa vie. Aucune sensation d’urgence ou d’intrusion. Le rythme est particulièrement calme et harmonieux.

2.     Une vieille dame surprenante: dès le début du film nous sommes skotchés par la force de ce que dit cette petite bonne femme de 85 ans, très élégante avec ses cheveux blancs en chignon, ses chemises blanches et ses mains sans fioriture. « Je trouve ça beau de pouvoir parler sans dire un mot » Au moins il n’est pas besoin de traduire…  une femme sage et bourrée d’esprit.

3.     Un cours de traduction: Swetlana transmet son savoir faire avec humour et pédagogie. Pour elle, il faut « traduire en levant le nez ». La traduction nait d’un tout et d’ une nécessaire appropriation du texte. Il est très instructif de la voir travailler avec les deux personnes qui l’aident dans cette tâche sans fin. Ils cherchent à comprendre le sens du texte et de tous les menus détails. Un travail de titan…

4.     Un voyage dans son Ukraine natale: Le réalisateur l’accompagne dans son pays qu’elle a quitté 65 ans plus tôt. Ce retour aux sources est une façon émouvante et efficace de comprendre son passé et son parcours singulier. Au cours du voyage et des confessions, le spectateur prend conscience qu’elle entretient un rapport de déni mystérieux envers ses origines et la souffrance qu’elle a subi ou dont elle a été témoin. Comme si pour survivre elle a avait du se construire une muraille d’indifférence face à ce qu’elle ne pouvait pas contrôler.

5.     Une leçon de vie: Swetlana Geier m’est apparue comme une force de la nature, « Je suis trop vieille pour faire des pauses » glisse t’elle l’air de rien. Cette petite vieille dame au dos vouté continue d’enseigner, de prodiguer des conseils, d’être d’une politesse irréprochable et de regorger de vitalité.Elle cuisine, entretient sa maison, fait son marché puis se remet à travailler. Comme elle le dit très justement « lire les cinq éléphants c’est déjà un effort physique en soi ». Elle le fait pourtant inlassablement, (sans même porter de lunettes !) et traduit ces gros pavés avec une rigueur et une précision hors du commun. Le plus marquant chez cette femme c’est l’énergie qu’elle arrive encore à trouver pour travailler et traverser les épreuves que la vie lui a réservées.

En sortant du Lucernaire, je claque des dents et repense à elle qui marche en jupe dans un cimetière enneigé d’Ukraine, ne semblant pas remarquer les températures négatives…

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile

5 bonnes raisons d’aller voir Howl de Rob Epstein

1. Cours de culture G: Allen Ginsberg est une figure emblématique des années 60, on le sait. Poète, pacifiste, homosexuel… Mais il faut avouer que quelques informations supplémentaires ne sont pas du luxe.

2. Père Castor raconte moi une histoire: Enfin un film qui plonge les spectateurs dans une œuvre littéraire et ne se contente pas d’en parler. Plaisir des yeux et des oreilles, le film est rythmé par une récitation du poème par Ginsberg (joué par le très charmant James Franco) ainsi que par des passages de dessin animé qui illustrent Howl.

3. Un biopic qui nous épargne les années maternelle/ collège etc. : Rob Epstein a choisit un sujet et s’y tient. Ce qui l’intéresse, à juste titre, c’est publication du poème « Howl », la levée de boucliers de l’Amérique puritaine, et le procès intenté à Ginsberg.

4.  Voyage au bout de la nuit : Le dessin animé aux allures sombres qui entrecoupe le film  rend la récitation hypnotique et vous projète dans le (bad ?)trip qu’évoque le texte.

5.  « There is no Beat Generation, just a bunch of guys trying to get published » : Dans un faux interview de Ginsberg, le poète parle de sa génération et de son travail. Ca sonne juste et c’est délicieusement agréable de voir un film qui ne présente pas Ginsberg, Kerouac et les autres comme des rebelles junky fédérés pour créer un mouvement littéraire mais juste comme jeunes gens plutôt doués, dont les excès sont dus à la jeunesse et à la sensibilité.

 

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile