Archives de Catégorie: Les expos d’Epstie

Robert Mapplethorpe vs. Sophia Coppola

©Robert Mapplethorpe

Avec mon amie Gus (dont je recommande le tumblr Gatsby and Gus) nous nous sommes précipitées chez Thaddaeus Ropac pour découvrir l’exposition de photos de Robert Mapplethorpe  dont le « curator » n’est autre que la délicate Sophia Coppola.

Malgré la perfection des photos et la sensibilité de Coppola Junior, j’ai  eu beaucoup de mal à déterminer si oui ou non j’ai aimé cette expo. Toute la semaine j’ai fais la girouette et ce matin j’ai décidé de m’y coller en prenant parti.

Au premier abord, une grande déception : Peut être aurait il mieux valu que je ne lise pas Just Kids si peu de temps auparavant. Cela m’aurait évité de souhaiter retrouver le Robert Mapplethorpe poétique, trash et profondément enfantin que Patti Smith décrit.  A la place, peu de photos. Une quarantaine, tout au plus. Toutes regroupées dans la salle blanche du rez-de-chaussée de la Galerie (à l’exception du fameux portrait qu’il a fait de Patti se coupant une mèche de cheveux qui nous accueille dans l’entrée)

Des noir et blancs encadrés sobrement et qui s’enchainent, presque mécaniquement. Le rythme est donné non par la force des sujets sélectionnés mais par la récurrence des thèmes et des photos d’orchidées. Le parti pris de Sophia Coppola semble être d’insister sur un aspect mode et design du travail de Mapplethorpe. Avec tristesse, toutes ces poses et ces fleurs ne m’évoquent que sa maladie et sa fin de vie. Une seule photo d’érection dans cet hommage au photographe à la libido pourtant déchainée.

Une intuition me fait cependant pencher en faveur de l’expo. Certes, la beauté glacée me laisse de marbre et me donne presque l’impression d’être dans le hall d’un hôtel de luxe, mais j’aime croire que Mapplethorpe y aurait vu non une exposition mais une installation. Une forme de sanctuaire à sa gloire.  Un petit « saint des saints  mortuaire » donc où il serait lui même allé se recueillir.

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Découverte du Jabécédaire

E comme Epstie ©Jade Flamand

Malgré son jeune âge (24 ans) et sa frimousse d’ange, Jade Flamand n’a pas que des choses faciles à faire sortir d’elle même. A l’occasion d’un travail de fin d’études, elle a réalisé un abécédaire ou « Jabécédaire » où elle a déversé son inconscient sur papier.  Un résultat d’une étonnante noirceur et d’une très grande beauté.

Exposée dans une galerie du 7ème arrondissement, ses lettres sont punaisées aux murs et chaque visiteur est invité à choisir une loupe plus ou moins grande pour admirer le détail de ces dessins minutieux faits au stylo bic.

Dans le cadre formé par le contour de chaque lettre s’entremêlent corps décharnés, monstres tristes, siamoises nues, musicos avinés ou femmes éjectées par un tuyau infernal tout droit sorti d’une immense machine imaginaire. Un univers résolument sombre qu’il est courageux de mettre sur papier et encore plus d’exposer.

Ce qui me touche particulièrement, outre le résultat des plus impressionnants et la précision du trait c’est que toute la folie représentée est contenue par les lettres, comme si l’écriture était une façon de continuer à avancer. D’ailleurs, les dernières lettres, X Y et Z semblent plus calmes. Un envol d’oiseaux sauvages vient presque apaiser cet alphabet torturé.

 

X ©Jade Flamand

 Galerie vingt neuf : 29, rue Vaneau 75007

http://jadeflamingo.ultra-book.com/book

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Elizabeth Peyton, la groupie arty

 

Klara NYC April 2011 ©Elizabteh Peyton

La galerie parisienne Gagosian accueille depuis le 27 mai les dernières peintures d’Elizabeth Peyton. Cette peintre américaine née en 1965 s’est fait connaître en dessinant des stars de quelques traits de crayon ou de peinture, sur des toiles ou des papiers à lettre d’hôtels luxueux. Mais Elizabeth Peyton n’est pas n’importe quelle groupie.

Le New York Magazine affirma en 2006 qu’elle permit aux portraits d’entrer dans le XXIe siècle. Souvent comparée à l’autre peintre figuratif New Yorkais John Curris, elle opte pourtant pour le romantisme, là où il choisit l’érotisme et la pornographie. Si les portraits de Peyton puisent dans la peinture de Hockney (pour les couleurs) ou de Matisse (pour certains motifs), cette midinette de haut vol a quand même un créneau bien à elle.

Comme Warhol avant elle, Peyton adore les stars. Mais là où Warhol traite une Marilyn en simple produit de consommation, Elizabeth Peyton fait exactement l’inverse. Sous son pinceau, ses personnages deviennent des icones au sommet de leur beauté. Autant les rockers, les artistes et les jeunes princes que ses amis et ses proches (inconnus du grand public) ceux qu’elle prend comme sujet sont immédiatement transformés en poète rock ’n roll et glamour. Ils ont le charme d’un Rimbaud et le charisme de la haute société. Leurs visages sont émaciés, juvéniles et beaux. Peyton aime les corps androgynes, les teints clair et les yeux cernés.

Elle accorde une aura glorieuse à certains de ses amis et traite les superstars comme s’ils étaient ses amis. Elizabeth Peyton appelle d’ailleurs les tableaux par leur simple prénom, comme s’ils se tapaient amicalement dans le dos – ainsi John (Lennon).

Ses dernières peintures, représentent entre autre Camille Claudel, Patti Smith, l’artiste allemande Isa Genzken et certains de ses amis, à commencer par Klara qui apparaît à maintes reprises. On regrette qu’il n’y ait pas de nouveau portrait de Léo (Di Caprio). En effet, elle ne dessine personne aussi bien que cet acteur incarnant le visage contemporain du succès précoce et mérité.

Reconnue par le monde de l’art, son œuvre est très peu commentée. Peyton elle même préfère montrer ses peintures et faire écouter des chansons qui l’inspirent plutôt que disserter sur son travail. Elle a bien raison puisque ces peintures sont faites pour faire rêver.

Patti ©Elizabeth Peyton

 

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Deux Caillebotte pour le prix d’un

Le musée Jacquemart-André accueille l’exposition Dans l’intimité des frères Caillebotte. C’est la superbe occasion de découvrir le travail photographique du musicien Martial et d’admirer sous un nouvel angle les peintures impressionnistes de son ainé, le renommé Gustave Caillebotte.

Voici 3 raisons très subjectives d’y aller:

Une histoire de famille: J’ai toujours rêvé travailler avec ma sœur. Elle est avocate en propriété intellectuelle alors à moins que je me lance dans une carrière artistique ça ne risque pas d’arriver. Martial et Gustave eux l’ont fait. Les photographies de l’un ont inspiré les peintures de l’autre. Et le peintre posait aussi pour le photographe. Les moments partagés ensemble par les deux frères et leur relation ont permis de créer non pas une mais deux belles œuvres.

Les banlieues d’antan: sur leurs photos et tableaux, les banlieues sont encore dans la cambrousse. On y fait de l’aviron et des picnics. Même les zones industrielles n’enlèvent rien à leur charme… Aujourd’hui le petit Gennevilliers n’est plus si joli.

La Seine est bleue : Dans l’avant dernière salle: oh surprise! un bateau vogue sur une Seine plus bleue que le ciel. Il faut le voir pour le croire! (et donc il faut y aller pour le voir)

Dommage qu’il n’y ait pas eu une musique impressionniste de Martial pour accompagner la visite !

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Graffiti pour tous mes amis

Graffiti de la Série V, Animaux: Chimère - BRASSAI

Les murs n’ont pas que des oreilles, ils semblent aussi pouvoir parler. C’est le postulat de deux artistes majeurs du 21e siècle, le peintre Jean Dubuffet et le photographe Brassai. La Galerie Karsten-Greve a mis en parallèle certaines de leurs œuvres qui s’intéressent aux graffitis. Précurseurs du street art, leurs photos et lithographies sont gracieuses et élégantes… assez loin de ce que l’on observe bien souvent dans nos rues aujourd’hui.

Support dur pour de l’art brut : L’art brut, dont le concept fut inventé par Dubuffet en 1945 est celui qui est spontanément crée par des personnes n’ayant pas été familiarisées avec l’art. Quel meilleur support alors que les murs d’une ville parsemés d’empreintes humaines. Cette toile omniprésente qu’est la ville devient le support de tous les passants, dont à l’évidence grand nombre d’entre eux sont dénués de culture artistique, à commencer par les enfants qui se plaisent à gribouiller sur les murs de leur école ou d’ailleurs…

L’œil de Paris : Brassai fut surnommé ainsi par Henry Miller. L’exposition insiste sur cet aspect de l’œuvre de Brassai. Les photographies exposées s’attardent sur ce à quoi nous ne prêtons pas attention. Ainsi les graffitis, parfois tout petits, à qui nous n’accordons pas d’importance. Par ces photos, ils accèdent à un statut artistique et des gens qui ne les auraient pas considérés cherchent à en comprendre le sens, souvent énigmatique.

Des mots sur les murs : Le poème Les Murs de Eugene Guillevic parle des murs avec des mots simples… Quinze lithographies de Dubuffet l’illustrent. Elles datent de 1945 et sont, selon moi, le moment fort de l’exposition… Voici un extrait du poème:

« Que peut un mur

Pour un blessé ?

 

Et pourtant

Il en vient toujours dans les

batailles

S’y adosser

 

Comme si la mort ainsi

Permettait de mourir

 

Avec plus de loisir

Et quelque liberté. »


Note de la plus haute importance: si vous ne comprenez pas la blague derrière le titre de cet article c’est qu’il est temps pour vous de découvrir Brenda ! Pour cela tapez  « au secours vous êtes laide » sur Youtube et laissez vous porter par la poésie de cette hilarante série canadienne. ça dure 2 minutes et ça vaut le détour.

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3 raisons d’aller voir la rétrospective sur Odilon Redon

Tête de martyr sur une coupe (1877) Odilon Redon

1.Sympathy for the devil: Redon s’insère dans la mouvance fantastique de la fin du XIXème siècle. Ses premiers travaux (eaux-fortes, fusains et lithographies) sont des scènes obscures et cauchemardesques. Dans ces « Noirs » apparaissent cyclopes, chimères, anges et démons, et même de nombreuses têtes coupées présentées sur moult surfaces et récipients qui vont de la table, à la coupe, en passant par le plateau. Un Odilon tourmenté.

2. Un peintre intello: La réflexion et ses découvertes littéraires l’ont amené à illustrer des chefs d’œuvre de la littérature, notamment La Tentation de Saint Antoine de Flaubert, Au fil des années, on découvre dans les tableaux d’Odilon Redon un mysticisme croissant. Vous pouvez admirer une sublime Fuite en Egypte où les couleurs et l’huile s’invitent sur une toile sombre.

3. Comme dans un rêve: Outre les éléments cauchemardesques, l’univers d’Odilon Redon apparaît dans une dernière partie, résolument onirique et fleuri. Ses paravents et tapis ainsi que ses peintures représentant de généreux bouquets illuminent la fin de l’exposition.

Cela donne presque envie de vieillir pour s’apaiser un peu…

Le Bouddha (vers 1905) Odilon Redon

Infos: Odilon Redon, prince du rêve, 1840-1916: au Grand Palais jusqu’au 20 juin 2011. Ouverture tous les jours de 10h à 20h, nocturnes le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h. Fermé le mardi.

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Photographie préraphaélite en Grande Bretagne

La fille du jardinier de Julia Margaret Cameron

Quand on parle des préraphaélites on pense à priori aux peintres et non aux photographes. Il était donc bienvenu de regrouper ces différentes œuvres en une même exposition. Le parallèle est évident puisque les artistes se côtoyaient, abordaient des thèmes identiques et portaient des revendications communes.

Ce mouvement qui dura de 1848 à 1875 préconisait un détachement envers l’académisme artistique. Pour ce faire, les artistes s’inspiraient de l’art médiéval, c’est à dire avant Raphaël, qui échappait encore au carcan de règles façonné ensuite par la Renaissance.

Tout en recherchant une plus grande authenticité, Julia Margaret Cameron, Henry Peach Robinson et leurs acolytes ont modernisé la photographie (en développant par exemple des négatifs pris séparément pour les agencer ensemble, créant ainsi des photomontages) et leur travaux ont largement influencé les générations suivantes.

Malgré la mauvaise aération du musée d’Orsay vous aurez l’impression de faire une jolie balade à la campagne et d’y rencontrer des jeunes filles en fleurs et des enfants à la sagesse déconcertante. De ces paysages feuillus et de ces visages émus émane un message social et moral aussi simple que louable.

Une ballade d’amour et de mort: la photographie préraphaélite en Grande-Bretagne: du 8 mars au 29 mai au Musée d’Orsay

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