5 raisons d’aller voir Page One (le docu sur le NY Times)

Inside The New York Times… une belle accroche. 
  1. Pour assouvir notre curiosité : Tous ceux qui sont déjà passés devant l’immense building blanc de Midtown qui abrite les bureaux New York Times ont du se demander comment c’est de se balader dans les bureaux du quotidien mythique. Les murs ressemblent ils à cette façade aux airs de Mac Book ? L’ambiance est elle vraiment aussi tendue qu’à Wall Street ? Page One répond à quelques questions de ce genre mais beaucoup d’autres restent malheureusement en suspend.
  2. Pour essayer de comprendre ce qu’est le NY Times: « Grosse blague » pour certains ou « grande institution » pour d’autres, rares sont les journaux qui font couler autant d’encre et c’est déjà pas mal. Même si le documentaire insiste sur le poids politique du journal c’est avant tout en tant que pilier de la vie des américains que le Times pèse le plus.
  3.  Pour rire avec David Carr : Ex-drogué et auteur du best seller The Night of the gun, ce chroniqueur peu conventionnel du Times n’a pas sa langue dans la poche et apporte un brin de fantaisie à ce documentaire particulièrement mal filmé. (pourquoi diable, tous les plans coupent ils le front des personnes interviewées ?)
  4.  Pour un grand moment de vérité: La sortie de l’iPad donne lieu à quelques réflexions d’une drôlerie et d’une clairvoyance assez évidentes.
  5.  Parce que le NY Times en a gros sur le cœur : Comme le reste de la presse quotidienne traditionnelle, le Times est critiqué et menacé de disparaître. En réponse, Page One transmet un message univoque : Le Times n’est pas mort et entend bien continuer à publier «  All the news that’s fit to print ». Mais le problème est bien là : face à l’apparition de nouveaux médias, ne faut il pas approfondir la question de ce qui est aujourd’hui imprimable… ? Le documentaire aborde un peu trop légèrement la question.

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Racoon in the sky

Racoon in the sky ©Marie Salomé Peyronnel

Un nouvel habitant de Brooklyn. Il ressemble étrangement à une gargouille.

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3 raisons d’aller voir Une Séparation de Asghar Farhadi

l'affiche d'une Séparation

Une histoire dramatique: Une femme (Simin) veut quitter le pays et son époux refuse. Elle demande le divorce qu’elle obtient mais la garde de sa fille lui est refusée. Cette séparation, somme toute banale, est à l’origine d’un séisme dans la vie de la famille. En plus du malheur infligé par cette rupture, le désespoir d’une autre famille entre en scène. Le mari (Nader) est débordé et doit se faire aider par une femme pour surveiller et s’occuper de son père atteint de la maladie l’Alzheimer. Cette femme, Razieh, est très pauvre et vient tous les jours avec sa petite fille, sans le dire à son mari (Hodjat) qui est poursuivi par ses créanciers. Suite à un incident, Razieh est mise à la porte de chez son employeur qui physiquement la pousse vers la sortie. A priori rien de très grave. Sauf qu’elle fait une fausse couche et que son mari qui découvre alors qu’elle travaillait pour eux leur fait porter le chapeau. Démarre alors une débâcle tortueuse pour savoir qui a tort et quelles sont les responsabilités de chacun. Le réalisateur réussit à nous traverser des émotions, peurs et hontes de ses six personnages. (les couples et leurs filles)

Une justice angoissante: Ces temps ci, le système judiciaire américain a du avoir les oreilles qui sifflaient sacrément fort. Ce film a l’intérêt de nous rappeler que nos justices occidentales restent des petits bijoux d’avancement vers le progrès. Après avoir vu une Séparation cela remet les pendules à l’heure. Soyons heureux de ne pas vivre dans un pays où le juge est tout puissant. Alors oui, le système judiciaire américain est imparfait mais il est déjà bien avancé.

Un message implicite fort: Ce film est politique et engagé sans en avoir l’air. La force d’une Séparation est de nous instruire sur la société iranienne en nous rendant témoin des difficultés rencontrées par deux familles, d’origines sociales différentes mais également faibles face à l’autorité et l’engrenage dans lequel ils rentrent.

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Ab – saintes

Deux saintes, mai 2011 ©Marie Salomé Peyronnel

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Elizabeth Peyton, la groupie arty

 

Klara NYC April 2011 ©Elizabteh Peyton

La galerie parisienne Gagosian accueille depuis le 27 mai les dernières peintures d’Elizabeth Peyton. Cette peintre américaine née en 1965 s’est fait connaître en dessinant des stars de quelques traits de crayon ou de peinture, sur des toiles ou des papiers à lettre d’hôtels luxueux. Mais Elizabeth Peyton n’est pas n’importe quelle groupie.

Le New York Magazine affirma en 2006 qu’elle permit aux portraits d’entrer dans le XXIe siècle. Souvent comparée à l’autre peintre figuratif New Yorkais John Curris, elle opte pourtant pour le romantisme, là où il choisit l’érotisme et la pornographie. Si les portraits de Peyton puisent dans la peinture de Hockney (pour les couleurs) ou de Matisse (pour certains motifs), cette midinette de haut vol a quand même un créneau bien à elle.

Comme Warhol avant elle, Peyton adore les stars. Mais là où Warhol traite une Marilyn en simple produit de consommation, Elizabeth Peyton fait exactement l’inverse. Sous son pinceau, ses personnages deviennent des icones au sommet de leur beauté. Autant les rockers, les artistes et les jeunes princes que ses amis et ses proches (inconnus du grand public) ceux qu’elle prend comme sujet sont immédiatement transformés en poète rock ’n roll et glamour. Ils ont le charme d’un Rimbaud et le charisme de la haute société. Leurs visages sont émaciés, juvéniles et beaux. Peyton aime les corps androgynes, les teints clair et les yeux cernés.

Elle accorde une aura glorieuse à certains de ses amis et traite les superstars comme s’ils étaient ses amis. Elizabeth Peyton appelle d’ailleurs les tableaux par leur simple prénom, comme s’ils se tapaient amicalement dans le dos – ainsi John (Lennon).

Ses dernières peintures, représentent entre autre Camille Claudel, Patti Smith, l’artiste allemande Isa Genzken et certains de ses amis, à commencer par Klara qui apparaît à maintes reprises. On regrette qu’il n’y ait pas de nouveau portrait de Léo (Di Caprio). En effet, elle ne dessine personne aussi bien que cet acteur incarnant le visage contemporain du succès précoce et mérité.

Reconnue par le monde de l’art, son œuvre est très peu commentée. Peyton elle même préfère montrer ses peintures et faire écouter des chansons qui l’inspirent plutôt que disserter sur son travail. Elle a bien raison puisque ces peintures sont faites pour faire rêver.

Patti ©Elizabeth Peyton

 

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3 raisons de lire Chair Sauvage de Yehoshua Kenaz

Chair Sauvage de Yehoshua Kenaz ©Marie Salomé Peyronnel

1. Histoire d’une vie (quotidienne): Dans le cadre poussiéreux et étouffant d’une ville où les femmes crient dans les ruelles pour appeler leurs enfants, où les immeubles décrépis abritent des locataires si discrets qu’on les croit morts et où les portes sont si vieilles qu’elles risquent de rester bloquées, une intimité particulière éclot entre le lecteur et les personnages. Nous avons accès aux menus détails de leurs quotidiens mais la justesse de cet ouvrage est de savoir laisser dans l’ombre un certain nombre de questions sans réponse et d’éléments mystérieux.

2. Aux frontières du réel: Kenaz accorde une grande place à l’imaginaire, celui d’enfants, d’une femme traumatisée ou encore l’imaginaire collectif. L’étrangeté est intégrée à la vie . Le lecteur n’en sait pas plus que les personnages face aux excroissances de chair allemande que la rescapée de la Shoah Clara Hoffman sent pousser en elle, ni face aux autres incongruités narrées dans ces 221 pages. La réalité elle aussi peut apparaître à celui qui la vit, tout aussi étrange que la fiction. Qu’en est il par exemple de l’enfant qui apprend qu’il a été allaité par une nourrice et non par sa mère ou encore des convives qui se retrouvent mystérieusement enfermés dans l’appartement d’un inconnu ?

3. L’Amour et la Vérité: Ces neuf nouvelles de Kenaz sont l’image de son pays : sechès, avec des frontières troubles (entre réalité et fantastique, entre tragique et comique), marqué par la présence de la mort comme toile de fond permanent. Certes, l’auteur dépeint crument la société israélienne mais cette honnêteté permet seule un amour véritable.

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Deux Caillebotte pour le prix d’un

Le musée Jacquemart-André accueille l’exposition Dans l’intimité des frères Caillebotte. C’est la superbe occasion de découvrir le travail photographique du musicien Martial et d’admirer sous un nouvel angle les peintures impressionnistes de son ainé, le renommé Gustave Caillebotte.

Voici 3 raisons très subjectives d’y aller:

Une histoire de famille: J’ai toujours rêvé travailler avec ma sœur. Elle est avocate en propriété intellectuelle alors à moins que je me lance dans une carrière artistique ça ne risque pas d’arriver. Martial et Gustave eux l’ont fait. Les photographies de l’un ont inspiré les peintures de l’autre. Et le peintre posait aussi pour le photographe. Les moments partagés ensemble par les deux frères et leur relation ont permis de créer non pas une mais deux belles œuvres.

Les banlieues d’antan: sur leurs photos et tableaux, les banlieues sont encore dans la cambrousse. On y fait de l’aviron et des picnics. Même les zones industrielles n’enlèvent rien à leur charme… Aujourd’hui le petit Gennevilliers n’est plus si joli.

La Seine est bleue : Dans l’avant dernière salle: oh surprise! un bateau vogue sur une Seine plus bleue que le ciel. Il faut le voir pour le croire! (et donc il faut y aller pour le voir)

Dommage qu’il n’y ait pas eu une musique impressionniste de Martial pour accompagner la visite !

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