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Robert Mapplethorpe vs. Sophia Coppola

©Robert Mapplethorpe

Avec mon amie Gus (dont je recommande le tumblr Gatsby and Gus) nous nous sommes précipitées chez Thaddaeus Ropac pour découvrir l’exposition de photos de Robert Mapplethorpe  dont le « curator » n’est autre que la délicate Sophia Coppola.

Malgré la perfection des photos et la sensibilité de Coppola Junior, j’ai  eu beaucoup de mal à déterminer si oui ou non j’ai aimé cette expo. Toute la semaine j’ai fais la girouette et ce matin j’ai décidé de m’y coller en prenant parti.

Au premier abord, une grande déception : Peut être aurait il mieux valu que je ne lise pas Just Kids si peu de temps auparavant. Cela m’aurait évité de souhaiter retrouver le Robert Mapplethorpe poétique, trash et profondément enfantin que Patti Smith décrit.  A la place, peu de photos. Une quarantaine, tout au plus. Toutes regroupées dans la salle blanche du rez-de-chaussée de la Galerie (à l’exception du fameux portrait qu’il a fait de Patti se coupant une mèche de cheveux qui nous accueille dans l’entrée)

Des noir et blancs encadrés sobrement et qui s’enchainent, presque mécaniquement. Le rythme est donné non par la force des sujets sélectionnés mais par la récurrence des thèmes et des photos d’orchidées. Le parti pris de Sophia Coppola semble être d’insister sur un aspect mode et design du travail de Mapplethorpe. Avec tristesse, toutes ces poses et ces fleurs ne m’évoquent que sa maladie et sa fin de vie. Une seule photo d’érection dans cet hommage au photographe à la libido pourtant déchainée.

Une intuition me fait cependant pencher en faveur de l’expo. Certes, la beauté glacée me laisse de marbre et me donne presque l’impression d’être dans le hall d’un hôtel de luxe, mais j’aime croire que Mapplethorpe y aurait vu non une exposition mais une installation. Une forme de sanctuaire à sa gloire.  Un petit « saint des saints  mortuaire » donc où il serait lui même allé se recueillir.

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Elizabeth Peyton, la groupie arty

 

Klara NYC April 2011 ©Elizabteh Peyton

La galerie parisienne Gagosian accueille depuis le 27 mai les dernières peintures d’Elizabeth Peyton. Cette peintre américaine née en 1965 s’est fait connaître en dessinant des stars de quelques traits de crayon ou de peinture, sur des toiles ou des papiers à lettre d’hôtels luxueux. Mais Elizabeth Peyton n’est pas n’importe quelle groupie.

Le New York Magazine affirma en 2006 qu’elle permit aux portraits d’entrer dans le XXIe siècle. Souvent comparée à l’autre peintre figuratif New Yorkais John Curris, elle opte pourtant pour le romantisme, là où il choisit l’érotisme et la pornographie. Si les portraits de Peyton puisent dans la peinture de Hockney (pour les couleurs) ou de Matisse (pour certains motifs), cette midinette de haut vol a quand même un créneau bien à elle.

Comme Warhol avant elle, Peyton adore les stars. Mais là où Warhol traite une Marilyn en simple produit de consommation, Elizabeth Peyton fait exactement l’inverse. Sous son pinceau, ses personnages deviennent des icones au sommet de leur beauté. Autant les rockers, les artistes et les jeunes princes que ses amis et ses proches (inconnus du grand public) ceux qu’elle prend comme sujet sont immédiatement transformés en poète rock ’n roll et glamour. Ils ont le charme d’un Rimbaud et le charisme de la haute société. Leurs visages sont émaciés, juvéniles et beaux. Peyton aime les corps androgynes, les teints clair et les yeux cernés.

Elle accorde une aura glorieuse à certains de ses amis et traite les superstars comme s’ils étaient ses amis. Elizabeth Peyton appelle d’ailleurs les tableaux par leur simple prénom, comme s’ils se tapaient amicalement dans le dos – ainsi John (Lennon).

Ses dernières peintures, représentent entre autre Camille Claudel, Patti Smith, l’artiste allemande Isa Genzken et certains de ses amis, à commencer par Klara qui apparaît à maintes reprises. On regrette qu’il n’y ait pas de nouveau portrait de Léo (Di Caprio). En effet, elle ne dessine personne aussi bien que cet acteur incarnant le visage contemporain du succès précoce et mérité.

Reconnue par le monde de l’art, son œuvre est très peu commentée. Peyton elle même préfère montrer ses peintures et faire écouter des chansons qui l’inspirent plutôt que disserter sur son travail. Elle a bien raison puisque ces peintures sont faites pour faire rêver.

Patti ©Elizabeth Peyton

 

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Hervé Guibert, à corps perdu

Hervé Guibert est connu pour ses écrits, moins pour ses photos, mais cela ne doit en aucun cas méjuger de leur qualité. La Maison Européenne de la Photographie a rassemblé 200 et quelques photos de cet écrivain et photographe, mort prématurément du sida en 1991.

Parmi ces photos se trouvent de nombreux portraits d’artistes mémorables : Une Adjani simplement belle et naturelle aux airs méconnaissables, un Miguel Barcelo avec des bougies allumées coincées dans son haut de forme, les mains d’André Kertesz (vous avez du le comprendre, j’adore les photos de mains d’artistes) mais aussi, et surtout, ses amis, sa famille, ses amants.

L’exposition frappe particulièrement par son aspect personnel. Dans ses photos, Hervé Guibert se met souvent en scène. Quand il n’apparaît pas, il apparaît encore. Ses photos parlent de lui à travers la présentation des objets qui l’entourent dans son travail ou dans sa vie. Même les natures mortes représentant des cadavres (exposés aux Musée de l’Homme) ou des membres en cire (venant du Musée Grévin) parlent de la mort et du corps, et donc de lui.

Il ressort de ces photos une beauté, une humilité et une intimité poignantes.

« La photo qu’un autre pourrait faire, qui ne tient pas au rapport particulier que j’ai avec tel ou tel, je ne veux pas la faire » Le Mausolée des Amants, p27

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The Mexican Suitcase, une valise chargée d’Histoire

Cette expo de photos ne parle pas de voyageurs, touristes ou émigrants mexicains, elle ne comprend pas de clichés de bagages et encore moins de photos du Mexique. Les photographes sont européens et vous les connaissez: Robert Capa, Gerda Taro et Chim (David Seymour). Le nom de cette exposition est tout de même lié à l’existence d’une valise.

Au printemps 1939,la guerre d’Espagne est finie. Taro,qui était la fiancée de Capa est décédée. La guerre débute en France.  Les deux amis, aidés par Tchiki Weiss, rassemblent des pellicules de leur travail, ainsi que de celui de Taro et Stein. Ce ne sont pas forcément leurs meilleures pellicules et nous ne savons pas dans quel but ils les avaient ainsi regroupées. Lorsque la guerre éclate, Weiss a mis la valise remplie de ces 4500 négatifs en sécurité dans le Sud de la France. Mais dès 1940, la trace de cette valise se perd jusqu’à ce qu’elle réapparaisse dans les années 90 au Mexique dans la famille de l’ancien ambassadeur mexicain à Vichy. Ce n’est qu’en 2007 que les pellicules furent restituées aux patrimoines des photographes.

Sont ainsi  réapparues, des dizaines d’années après, des photos de la guerre d’Espagne, bien souvent inédites et surprenantes. Quelques photos sont magistrales, notamment celles de Capa à la Bataille de Teruel, d’autres particulièrement simples. Toutes sont instructives et particulièrement touchantes: photos des civils à l’arrière, scènes de soldats aidant des paysans, clichés de guerre choquants, enfants morts mais également des séries de négatifs immortalisant Capa et Taro, heureux et amoureux.

 

Jusqu’au 8 mai 2011 à ICP: International Center of Photography

1133 Avenue of the Americas at 43rd Street
New York, NY 10036

 

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4 raisons d’aller voir l’exposition «Cercare nella Terra» de Beatrice Caracciolo

 

L'exposition Cercare nella Terra ©Marie Salomé Peyronnel

Ma balade dans Chelsea a été illuminée par l’exposition « Cercare nella Terra » de l’artiste Beatrice Caracciolo à la galerie Paula Cooper. (465 West 23 Street à New York)

Voici mes 4 raisons d’y aller …

1.       Les photogravures donnent envie de s’envoler dans l’heure pour l’Italie.

2.       Les représentations de la nature sont à la fois simples, belles et profondes.

3.       L’artiste transmet par ses œuvres une compréhension des paysages intelligente mettant en parallèle le calme et le chaos sans jamais tomber dans un message manichéen ou facile.

4.      S’il ne devait rester qu’un argument : cette exposition a une âme.

Jolie gravure ©Marie Salomé Peyronnel

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Exposition Norman Rockwell : Behind the Camera

Rockwell est connu pour ses tableaux ultra-réalistes représentant une Amerique parfaite voire fantasmée. Jusque là son travail m’ impressionnait par sa précision mais ne m’intéressait pas vraiment. Tout a changé ce matin. J’ai en effet été voir, plus ou moins par hasard, une exposition au Brooklyn Museum  qui présente des photos que ce peintre prenait pour s’imprégner des détails, des silhouettes et les recopier ensuite dans ses tableaux.  Sa patience dans son travail, son intelligence des situations sociales qu’il représente et son humour sont remarquables. Mais ce qui m’a le plus plu ce sont les différentes étapes de son travail qui requièrent divers talents.

1. Rockwell est un peintre: Bon, ça on le sait…

2. Il est aussi photographe: même s’il n’a jamais voulu considérer ses photos comme autre chose qu un travail préparatoire, il a fait un paquet de bonnes photos pour s’aider à peindre avec realisme.

3. Et se transformait aussi en metteur en scène: Il prépare ses tableaux en faisant des photos et il prépare ces photos avec autant d’attention… Il les met véritablement en scène: les imagine bien sûr, mais n’hésitait pas aussi à traverser le pays pour trouver le paysage adéquat ou à mimer lui meme à ses modeles les expressions qu’il recherchait.

4.Enfin, on peut voir en lui l’un des ancêtres de Photoshop: Il constituait l’image définitive (celle qu’il allait peindre ensuite) à partir de plusieurs photographies, qu’il découpait et agençait les unes aux autres, comme on le fait aujourd’hui…

Bref, des photos comme représentation d’une réalité qu’il met en scène et retravaille pour ensuite créer une peinture hyper réaliste, qui en soi ne représente donc pas la réalité… très fort!

Norman Rockwell rocks !


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L’exposition « Portraits d’écrivains de 1850 à nos jours »

Cocteau et Epstie ©Wolfie

A la maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges, sont rassemblés plus de 200 portraits d’écrivains.

Une déambulation recommandable entre ces cadres remplis de regards, de mains, et de bureaux. Nul besoin de connaître leurs visages pour apprécier leurs œuvres. Mais ces photos nous donnent accès, l’espace d’un bout de papier glacé, à ces auteurs dans leur quotidien, leur quartier, ou dans la représentation qu’ils ont d’eux même. Prévert par Doisneau, William Burroughs par Keiichi Tahara, Jack Kerouac immortalisé en héros par Allen Ginsberg, Colette chez elle posant ou travaillant et bien sûr moult clichés de Victor Hugo, hôte des lieux.

Un instant de vérité ou de mise en scène, une vision fugitive de ces gens de plume qui à l’époque n’utilisaient pas leur image pour vendre leurs ouvrages.

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