Archives de Tag: hébreu

3 raisons de lire Chair Sauvage de Yehoshua Kenaz

Chair Sauvage de Yehoshua Kenaz ©Marie Salomé Peyronnel

1. Histoire d’une vie (quotidienne): Dans le cadre poussiéreux et étouffant d’une ville où les femmes crient dans les ruelles pour appeler leurs enfants, où les immeubles décrépis abritent des locataires si discrets qu’on les croit morts et où les portes sont si vieilles qu’elles risquent de rester bloquées, une intimité particulière éclot entre le lecteur et les personnages. Nous avons accès aux menus détails de leurs quotidiens mais la justesse de cet ouvrage est de savoir laisser dans l’ombre un certain nombre de questions sans réponse et d’éléments mystérieux.

2. Aux frontières du réel: Kenaz accorde une grande place à l’imaginaire, celui d’enfants, d’une femme traumatisée ou encore l’imaginaire collectif. L’étrangeté est intégrée à la vie . Le lecteur n’en sait pas plus que les personnages face aux excroissances de chair allemande que la rescapée de la Shoah Clara Hoffman sent pousser en elle, ni face aux autres incongruités narrées dans ces 221 pages. La réalité elle aussi peut apparaître à celui qui la vit, tout aussi étrange que la fiction. Qu’en est il par exemple de l’enfant qui apprend qu’il a été allaité par une nourrice et non par sa mère ou encore des convives qui se retrouvent mystérieusement enfermés dans l’appartement d’un inconnu ?

3. L’Amour et la Vérité: Ces neuf nouvelles de Kenaz sont l’image de son pays : sechès, avec des frontières troubles (entre réalité et fantastique, entre tragique et comique), marqué par la présence de la mort comme toile de fond permanent. Certes, l’auteur dépeint crument la société israélienne mais cette honnêteté permet seule un amour véritable.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Epstie lecteur

Le documentaire « Traduire » de Nurith Aviv

documentaire Traduire ©Marie Salomé Peyronnel

Quand ma mère qui connaît mon amour immodéré pour l’hébreu m’a proposé d’aller voir un documentaire sur sa traduction, j’ai couru avec elle aux 3 Luxembourg. Malgré mon enthousiasme je n’ai pas été touchée par ce film. Je dois néanmoins lui reconnaître trois qualités:

  1. Il est important de savoir ce qui a amené des traducteurs de l’hébreu à se prendre de passion pour cette langue. Un voyage, un poème, un auteur…. Ces informations pourraient être approfondies davantage mais j’apprécie que la question ait été soulevée.
  2. Trois traductrices m’ont beaucoup plu parmi la dizaine de traducteurs interviewés. Rosie Pinhas-Delpuech à Paris, Anna Linda Callow à Milan et Chana Bloch à Berkeley apportent chacune un élément de compréhension de la traduction de l’hébreu qui me semble essentiel.
  3. Enfin, le panel de traducteurs est cosmopolite. Qu’on parle de la langue hébraïque dans différents langages est un sacré hommage. Et cela témoigne de l’intérêt porté à la littérature israelienne à travers monde.

Poster un commentaire

Classé dans Epstie cinéphile