Archives de Tag: poésie

5 raisons de lire Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

Un été sans les hommes ©Marie Salomé Peyronnel

C’est l’histoire de la  reconstruction d’une femme plaquée (Mia) par son scientifique de mari (Boris) et ça se passe dans un gynécée géant (une bourgade du Minnesota). En effet, brisée par le départ de Boris qui s’est entiché d’une française de 20 ans plus jeune qu’elle, Mia perd pied. Après avoir été l’objet d’une crise de démence passagère et avoir séjourné en hôpital psychiatrique, elle va chercher refuge auprès de sa mère à la campagne. Dans cette petite ville paisible, elle se retrouve dans un univers exclusivement féminin. De sa psy qu’elle a au téléphone, jusqu’aux vieilles amies de sa mère en passant par ses sept jeunes élèves, elle n’est plus en contact direct avec aucun homme. Ce sont des hommes en creux, absent ou morts.

5 bonnes raisons de le lire:

1. Parce que le titre est joli. Bon ce n’est pas très pro comme argument. Mais il faut dire que c’est vraiment très joli.

2. Parce que l’héroïne n’est pas une Bridget Jones : Mia est au fond du gouffre et un peu looseuse mais reste intelligente et profonde. On ne l’imagine pas comme une femme qui peut se faire plaquer et c’est pour ça qu’elle est attachante.

3.  Female Power : des femmes et des filles partout. Un paradis ? pas vraiment parce que certaines peuvent s’avérer être de vraies chipies. Mais ce contexte original permet à Mia de renouer avec qui elle est et de se renforcer. On peut également y voir une métaphore pour le giron maternel réconfortant dont a besoin Mia avant de renaitre.

4. Un livre qui en dit long sur les 2 sexes :.Cet été sans les hommes interroge sur les différences entre les hommes et les femmes et sur ce qu’est la vie de couple. Les considérations scientifiques, intellectuelles ou personnelles de la narratrice élaborent une réflexion aboutie.

5. Parce qu’il y a de l’espoir: La détresse de la narratrice est décrite de manière poignante mais la vie reprend son cours petit à petit. C’est grâce aux femmes qui l’entourent que Mia traverse ce douloureux été. Ça se finit bien mais c’est réaliste. Très appréciable.

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4 raisons de découvrir Little people in the city

« Petit, petit, petit
Tout est mini dans notre vie »

Depuis 2006, l’artiste anglais Slinkachu crée une ville à échelle réduite. Il colle des petites figurines dans les rues qu’il parcourt et photographie les situations qu’il imagine. Un street art drôle et poétique. Voici le livre.

Little people in the city ©Marie Salomé Peyronnel

1. Philosophie du petit : dans de nombreuses villes on se sent tout petit, ce livre est là pour nous rappeler qu’il y a encore plus petit que nous.

2. L’aventure dans la démesure : Un chewing-gum collé au sol, un insecte menaçant ou une crotte de pigeon représentent de réels dangers pour ces mini personnages. En plus d’être un livre d’art, c’est donc aussi un livre d’aventure.

3. Mini Utopie : Nos petits amis sont courageux, solidaires, curieux, pieux … un fort joli tableau.

4. Poesy in the city : Les photos « saisissent des instants fragiles » (oui, Dutronc et Daho m’habitent ce matin…) Elles sont charmantes même lorsqu’elles représentent une femme exhibitionniste ou un homme faisant la manche.

Ils habitent désormais à nos pieds, alors ouvrez l’oeil !

à l'attaque du cornet de glace ©Marie Salomé Peyronnel

Blog de l’artiste pour suivre son travail génial: http://little-people.blogspot.com/

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Une histoire d’amour et de ténèbres… et de bureau :

Great House ©Marie Salomé Peyronnel

Great House est le troisième roman de l’écrivain New Yorkaise Nicole Krauss. Intitulé en français « La Grande Maison » il va sortir le 5 mai prochain aux éditions de l’Olivier. Le personnage principal de ce livre a traversé le monde et les années, inspire les uns et agace les autres, il est un peu gros et pas très beau, c’est un bureau !

Notre chère intello de Brooklyn n’est pas tombée sur la tête ou devenue matérialiste pour autant. Ce bureau qui est passé de mains en mains est un prétexte pour évoquer la perte, le passé, la Shoah, la poésie, l’écriture, l’amour, la filiation et la mort. Des thèmes qui lui sont chers et qu’on retrouve souvent dans les livres auxquels je reste collée jusqu’à leur dernière page.

Quatre personnages d’âges et d’univers différents se partagent une narration volontairement décousue. Le lecteur est curieux d’assembler chaque pièce du puzzle pour y voir clair. Mais de ces éclaircies en pointillés, se dessine de plus en plus précisément un univers sombre qui confère au roman sa profondeur.

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Safran Foer fait dans la dentelle

Une page du livre Tree of Codes ©Marie Salomé Peyronnel

En attendant une amie à côté de Columbia, j’ai atterri dans une librairie au coin de Broadway et de la 114ème rue. J’ai eu la délicieuse impression d’être Christophe Colomb quand j’ai vu sur le présentoir, un nouveau « Nouveau Safran Foer ». Aux anges, je l’ai donc acheté malgré le sourire en coin du libraire. En sortant de la librairie, comme j’attendais toujours mon amie je me suis dis que j’allais en profiter pour commencer ma lecture au soleil. J’ai enlevé le petit film plastique qui emballait mon livre (et qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille, aucun exemplaire n’était à feuilleter…) et là, imaginez ma surprise quand j’ai ouvert un livre constellé de trous ! J’aurais pu/dû être au courant puisque même Vogue en avait parlé ! Mais il arrive, même à Epstie, d’être en retard sur l’actualité Foerienne. Voici donc un update nécessaire.

Jonathan Safran Foer a crée Tree of Codes en découpant son texte dans la nouvelle The Street of Crocodiles de Bruno Schultz. Au premier abord on se dit que ce n’est pas un livre puisqu’il y a plus de trous que de mots. Bien au contraire ! Par cette dentelle littéraire Safran Foer cherche à faire ressortir le corps même de l’objet livre. Cet éloge à la matérialité du livre est une démarche d’autant plus audacieuse que nous sommes à l’époque de sa dématérialisation.

Si vous voulez tenter l’expérience il vous faut :

1.     43 dollars : et oui, quand même…mais bon, c’est plus un petit chef d’œuvre artistique qu’un simple bouquin.

2.     Des mains agiles pour tourner les pages : attention, l’objet est fragile et on peut perdre patience à devoir lire chaque page avec méticulosité.

3.     Un goût prononcé pour la poésie. Il y a une histoire – celle d’un père qui perd l’esprit – mais ce roman est avant tout poétique. Les premières pages sont d’ailleurs parsemées d’images et de métaphores éblouissantes.

4.     Avoir envie d’être à l’écoute de l’implicite. à chacun sa technique pour cela.

5.     Faire confiance à Safran Foer: mieux vaut se laisser porter par le texte sans chercher à comprendre ou contrôler. Ce cher Jonathan arrive quand même toujours à nous surprendre !

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Poésie d’Edwin Denby sur New York

A Manhattan, des sensations opposées nous traversent sans cesse. Les moeurs sont trop cruels ou trop miel. (cf. la caissière du Duane Reade qui m’appelle « Honey »)  Il n’y a pas une ville où l’on peut se sentir, à la fois, autant seul et chez soi. (N’est ce pas d’ailleurs le plus grand luxe que d’être seul chez soi?)

New York est en même temps une louange à la modernité et un vestige des bas fonds. Boue et béton se partagent une chaussée bordée d’immeubles d’acier rutilant ou de briques aux couleurs tiers mondesques.

C’est dans l’air qu’on prend la mesure de la schizophrénie New Yorkaise : suffocant et collant ou brise de l’océan.

En visitant une énième fois le MOMA, je suis tombée sur cette poésie présentée à côté des photos de Rudy Burckhardt. Edwin Denby parle du climat de New York mieux que je ne le fais… Voici donc son texte:

Poésie sur NY ©Marie Salomé Peyronnel

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Coucher de soleil et croissant de lune

coucher de soleil et croissant de lune, Dieupentale, février 2011 ©Marie Salomé Peyronnel

« Mon lecteur, je balade sous la lune

Ta future infortune. »

Arthur Cravan dans son poème Hie!

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